la musique sacrée fait son festival à Sylvanès

dimanche 17 juin 2018
par  Alain Desmarest

Construite au XIIe siècle dans le Sud-Aveyron, l’abbaye cistercienne de Sylvanès rayonne durant plusieurs siècles sur toute la région. Mais à partir de la Révolution, le monastère est laissé à l’abandon. Une partie est même détruite.Il faut attendre le début des années 1970 pour voir renaître cette abbaye, grâce au talent visionnaire de trois hommes : Emile CASTAN, maire du village, André GOUZES, frère dominicain, musicien d’exception, auteur de la Liturgie chorale du peuple de Dieu et Michel WOLKOWITSKY qui transforme les lieux en centre culturel et spirituel de renommée internationale.

Depuis 1977, Sylvanès est le haut lieu d’un festival international de musique sacrée qui se déroule pendant la période estivale. Michel WOLKOWITSKY en est le directeur artistique. Il répond à nos questions.

- Cette année aura lieu la 41e édition du Festival de Sylvanès. Quelle en est le fil conducteur ? Quelles en sont les sources d’inspiration ?

M.W. C’est le lieu qui nous a inspiré l’idée d’un festival de musique sacrée. Si dans un premier temps, nous avons surtout visité le riche répertoire de notre tradition occidentale du Moyen âge à nos jours, nous nous sommes progressivement ouverts aux églises d’Orient (orthodoxes, maronites, araméennes, syriaques) avant d’élargir nos programmes au bassin méditerranéen, à tous les monothéismes : (judaïsme, séfarades puis ashkénazes et à l’Islam mystique à travers la belle tradition du soufisme, puis à toutes les grandes traditions sacrées et sagesse du Monde.

Le festival de Sylvanès invite au voyage et à la découverte. Il s’ouvre au monde et à l’actualité. La tradition chrétienne doit s’ouvrir aux autres, permettre des rencontres, s’enrichir de la différence de l’autre. C’est une aventure à vivre et à faire partager !

La 41e édition s’inscrira dans cette philosophie. La musique sacrée est, comme toujours, à l’honneur avec des œuvres majeures comme le Stabat mater de Pergolèse ou le Requiem de Fauré, la Messe de sainte Cécile de Gounod mais aussi des créations contemporaines comme le Requiem pour deux sopranos et orgue de Thierry Huillet ou "Louange à la Lumière", une commande de l’abbaye au jeune compositeur Grégoire Rolland, pour l’inauguration de nos nouveaux vitraux. La rencontre des cultures sera illustrée par les voix de Corse et du Pays basque, les répertoires du Moyen-Orient et de la Syrie, les chants de tradition bulgare, séfarade, méditerranéenne, les musiques et danses du Rajasthan et de l’Andalousie, les polyphonies sacrées de Russie et bien d’autres musiques encore…

- Vous dites dans votre livre [1] que « le festival, c’est un événement qui se mûrit longuement puis que l’on prépare dans une sorte d’euphorie ». Pouvez-vous nous expliquer comment ça se passe ?

M.W. Aujourd’hui, nous disposons d’outils multimédias performants qui nous permettent de communiquer rapidement et directement avec nos interlocuteurs. Il n’est plus nécessaire, comme par le passé, de se déplacer aussi souvent pour écouter des artistes ou les auditionner. Par ailleurs, la renommée du festival et son ancienneté nous permettent de créer beaucoup de liens avec des artistes et de collaborer avec eux au sein d’un réseau musical de grande qualité.

- Vous avez la volonté d’ouvrir le festival aux grandes traditions musicales du monde entier et de faire découvrir ainsi au public la diversité des cultures. Y-a-t-il un dénominateur commun à cette diversité ?

M.W. Le dénominateur commun, c’est, bien sûr, la pratique musicale et l’expression artistique ! La Musique est ce langage universel qui permet aux hommes, quelles que soient leur religion, leur philosophie ou leur sagesse de se rencontrer dans un dialogue musical, d’exprimer leur humanité, leur culture, leur foi ou leur spiritualité.

- La musique sacrée élève l’âme vers le Divin. Comment s’exprime la foi, à travers la musique et le chant ?

M.W. La musique sacrée vocale et instrumentale est un vaste domaine.
Elle n’est pas exclusivement religieuse avec une fonction avant tout liturgique,rituelle. Elle est aussi ce riche répertoire musical où, par le chant et la poésie mystique, peuples et communautés ont, depuis l’origine des temps, tenté d’exprimer le mystère d’une réelle transcendance et de s’y relier. Cette musique relève d’une inspiration de l’âme qui permet d’écrire de belles choses, d’exprimer sa foi,sa confiance, et de louer ce Divin qui nous dépasse et dont nous avons tant besoin pour donner du sens à nos existences.

L’abbaye de Sylvanès est une église qui porte l’empreinte de la présence de Dieu, laissée par la louange des hommes. Aussi, est-t-elle un lieu qui inspire les artistes et les poussent à se dépasser ! Les concerts y sont d’une telle intensité qu’ils s’apparentent souvent, à une sorte de célébration. Le public, interrogé après un concert, parle d’un moment de grande émotion, du partage d’un événement intense dans un lieu d’exception.

- L’abbaye cistercienne de Sylvanès offre des activités culturelles et spirituelles très diverses. Quelle est sa vitalité aujourd’hui et comment évolue-t-elle ?

M.W. Sylvanès vient d’être labellisé « Grand Site d’Occitanie » aux côtés de Millau et Roquefort. C’est un honneur pour notre petite commune mais c’est aussi une victoire pour le développement du tourisme durable, patrimonial et culturel auquel nous apportons une contribution importante.

L’abbaye est, depuis 2015, un Centre culturel de rencontre (label national et européen) avec un projet culturel ambitieux. Des formations chorales, académies de chœurs et d’orchestres, ateliers lyriques, classes de maîtres, formations musicales ont lieu toute l’année.

Des enfants sont accueillis sur le temps scolaire pour des classes de découverte du patrimoine, de la musique, des arts plastiques, de la culture occitane, de l’environnement et, en particulier de la forêt. Des rencontres du film musical sont organisées chaque année.

Des colloques et séminaires sont également organisés, ainsi que des concerts, pour promouvoir le dialogue interculturel.

L’abbaye de Sylvanès est un cœur qui bat, un poumon qui respire. C’est le succès d’une aventure menée par des hommes de talent, courageux, qui ont su prendre les bonnes décisions et, au prix d’un travail acharné, faire prospérer le lieu et l’adapter au contexte régional.

« J’ignore ce que sera l’avenir, sauf qu’il sera beau », conclut Michel WOLKOWITSKY.

Propos recueillis par Alain Desmarest


[1Michel Wolkowitsky : Sylvanès, l’aventure d’une vie – Edition Desclée de Brouwer


Quelques repères

Pèlerinage de La Salvage


JMJ

J.M.J.

Intentions de prière du pape François pour juin 2018

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« Pour que les réseaux sociaux favorisent la solidarité et l’apprentissage du respect de l’autre dans sa différence. ».


Paroisse Jean XXIII
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Tél. : 05 65 60 04 44
Mel. : paroisse.millau@wanadoo.fr
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Permanences :
L’accueil est assuré
du lundi au vendredi
de 10h à 12h et de 15h30 à 18h30,
le samedi de 10h à 12h.

Horaire des messes : hiver

A partir de Toussaint
Samedi
St François 17h30
Creissels 18h00
2° samedi
du mois
Dimanche
Clarisses 9h00
St Georges 10h30
4° dimanche
du mois
St François 10h30
Mardi - Mercredi - Jeudi - Vendredi
St Martin 18h00
Messes et célébrations sur les sites de l’Hôpital
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Horaire des messes : été

Samedi
Notre-Dame 18h
Creissels 18h30
2° samedi
du mois
Dimanche
Clarisses 9h
St Georges 10h30
4° dimanche
du mois
Sacré-Cœur 10h30
Mardi Mercredi Jeudi Vendredi :
St Martin 18h00
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