Devenir « disciples missionnaires »

mardi 24 mai 2016
par  P. Jean-Claude Lazuech

Dimanche 22 mai 2016, les paroisses du doyenné du Pays Millavois ont célébré une Journée de mi parcours du Synode à la salle des fêtes de Creissels.

S’il "est vital de se retrouver entre chrétiens pour se fortifier mutuellement et s’encourager,... tout cela n’a de sens, que pour mieux se préparer à la mission."

Ainsi, lors de son homélie, le Père Lazuech nous invite à Devenir "disciples missionnaires"


En préparant cette homélie, me sont revenus en mémoire les mots terribles d’un auteur contemporain : « Notre Père qui êtes au ciel, restez-y ! »

Ce que malheureusement, le poète n’avait pas compris, c’est que Dieu n’est pas un « solitaire » perdu dans son ciel et concurrent de la liberté de l’Homme.

Au contraire, Il désire nouer avec nous, une relation d’amour et d’intimité.

Tout à l’heure, nous sommes entrés dans la liturgie de la messe en traçant sur nous le signe de la Croix et en disant : «  Au nom du Père et du Fils et du St Esprit ».

C’est une belle et bonne habitude de redire souvent dans la journée : « Gloire soit au Père et au Fils et à l’Esprit Saint ».

Nous voilà conduit au cœur de la foi chrétienne. JPEG

Les chrétiens ne croient pas en un Etre suprême. Ils ont foi en un seul Dieu, en trois personnes. Dieu l’unique est : Père, Fils et Saint Esprit.

La plus mauvaise manière d’aborder de la Sainte Trinité, serait d’en parler en termes de curiosité mathématique du style : « pour les chrétiens : trois égale un ».

Nous savons que Jésus n’est pas venu exciter notre curiosité intellectuelle, mais susciter la foi.

Il nous dit : «  faites l’expérience de l’amour du Père qui vient vous sauver par moi. »

Il rajoute aujourd’hui : «  livrez-vous pleinement à l’Esprit Saint, il vous conduira à la Vérité tout entière. »

A 1ère vue, nous pourrions croire que la personne de l’Esprit Saint est une sorte de grand théoricien suprême de la religion.

Mais Dieu n’est pas venu énoncer des théories abstraites. Il désire nous faire expérimenter sa Présence et la puissance de son action.

C’est là où nous retrouvons notre journée synodale de mi parcours.

Entrer en synode, célébrer un synode, ce n’est pas faire du blablabla à partir de quelques idées géniales, pour organiser l’Eglise de demain.

C’est d’abord vivre une expérience communautaire et fraternelle forte avec le Seigneur, pour discerner ensemble ce qu’il désire pour notre Eglise diocésaine.

Comment devenir concrètement de vrais « disciples missionnaires » selon l’invitation du pape François et de notre évêque et non de simples consommateurs de religieux ?

En Aveyron, notre Eglise vit une grave crise d’identité.

Nous passons d’un christianisme culturel, à un christianisme de choix.

Un tel passage est difficile.

Etre disciple, c’est avoir soif de Jésus. C’est le connaitre intimement et entrer dans un processus de croissance spirituelle.

Cela exige force d’âme et courage.

J’admire ces jeunes ados ici chez nous, qui sont les seuls catholiques pratiquants de leur classe.

Leur témoignage n’est pas anodin, à un âge où l’on a naturellement envi de se fondre dans la masse et d’être comme les autres.

Cette situation de profonde déchristianisation nous oblige à quitter toute tiédeur. C’est la grâce de notre temps.

Une communauté qui ne rayonne pas, qui ne communique pas simplement sa joie de croire, est condamnée à disparaitre. C’est ainsi.

Pour faire la mutation d’un christianisme de la conservation à un christianisme missionnaire, deux pièges terribles sont à éviter.

  • Le 1er piège qui peut nous guetter, c’est celui de la «  dilution ».

Aujourd’hui, être chrétien, c’est souvent aller à contre courant de l’air du temps.

C’est épuisant de nager à contre courant.

Alors certains avec les meilleures intentions du monde, ont la tentation de proposer un christianisme « light », un christianisme acceptable par tous.

Mais, c’est oublier que Jésus ne nous a pas sauvés par quelques bonnes paroles gentilles.

C’est sur la Croix qu’il s’est s’opposé frontalement au Mal, au péché.

Toutes les propositions de foi délavées et minimalistes sont des impasses.

  • Autre piège tout aussi dangereux, celui du « repliement ».

C’est la peur de l’autre qui nous fait nous retirer dans notre tour d’ivoire entre gens comme nous.

C’est la tentation de toute minorité, de croire assurer sa survie en se repliant dans des ghettos. C’est la tentation du «  tout est foutu ».

C’est une mentalité de perdants assiégés dans leur citadelle.

Mais cela n’est pas chrétien !

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Jésus nous prévient qu’il nous envoie comme des brebis au milieu des loups.

Bien sûr qu’il est vital de se retrouver entre chrétiens pour se fortifier mutuellement et s’encourager, surtout lorsque nous vivons dans un désert spirituel.

Mais tout cela n’a de sens, que pour mieux se préparer à la mission.

Les communautés chrétiennes en bonne santé sont celles qui vivent cinq essentiels indispensables à toute expérience de foi vraie.

Je voudrai brièvement vous les exposer en conclusion.

  • Le 1er essentiel  : favoriser l’émergence de communautés fraternelles. Toute expérience fraternelle nous fait concrètement communier à Jésus.
  • Le 2ème essentiel : la présence auprès des petits et des pauvres.
  • Le 3ème essentiel : la prière et la liturgie. Elle est la respiration de l’âme qui modèle peu à peu notre cœur de disciple-missionnaire, spécialement la prière de louange.
  • Le 4ème essentiel : des propositions de formation tout azimut, au service de croyants plus matures.

Il n’est plus possible dans nos sociétés fortement sécularisés, de nous contenter de discours sur la foi, infantiles et à minima.

  • Le 5ème essentiel : la mission. Faire une annonce explicite de la foi chrétienne. Cela demande parfois du courage. Mais le temps n’est plus aux chiens muets.

Si la foi est un trésor qui nous fait vivre et donne du sens, nous saurons trouver les moyens de la rayonner autour de nous et de faire envie.

Rien de tout cela ne pourra surgir, sans un vrai « réveil » de notre part, dans la puissance de l’Esprit Saint.

C’est à Lui, par l’intercession de la Vierge Marie, que je remets l’avenir ecclésial de notre Doyenné. Amen.


Homélie prononcée le dimanche 22 mai
lors de la journée synodale des paroisses du pays millavois


Quelques repères

Intentions de prière du pape François pour Mai 2017

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Chrétiens d’Afrique,
témoins de la paix :

« Pour les chrétiens d’Afrique afin qu’ils rendent un témoignage prophétique de réconciliation, de justice et de paix, en prenant pour modèle Jésus Miséricordieux. »


Paroisse Jean XXIII
des grands causses

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12100 MILLAU
Tél. : 05 65 60 04 44
Mel. : paroisse.millau@wanadoo.fr
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L’accueil est assuré
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le samedi de 10h à 12h.

Horaire des messes : hiver

A partir de Toussaint
Samedi
St François 17h30
Creissels 18h00
2° samedi
du mois
Dimanche
Clarisses 9h00
St Georges 10h30
4° dimanche
du mois
St François 10h30
Mardi - Mercredi - Jeudi - Vendredi
St Martin 18h00
Messes et célébrations sur les sites de l’Hôpital
Pour plus de détails, voir le dernier
agenda paroissial

Horaire des messes : été

Samedi
Notre-Dame 18h
Creissels 18h30
2° samedi
du mois
Dimanche
Clarisses 9h
St Georges 10h30
4° dimanche
du mois
Sacré-Cœur 10h30
Mardi Mercredi Jeudi Vendredi :
St Martin 18h00
Messes et célébrations sur les sites de l’Hôpital
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